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Les secrets de la robe d'avocat

Les secrets de la robe d'avocat

La fonction de l’Avocat est indissociable de la robe noire qu’il porte, mais rares sont ceux qui connaissent toutes les subtilités de cet habit qui n’a pas changé depuis 1810 mais dont le port n’a été rendu obligatoire lors des plaidoiries que par une loi du 31 décembre 1971.

Il n’aura échappé à personne la proximité de cette robe avec la soutane. La raison en est simple : au Moyen-Age, les Avocats étaient généralement des religieux. D’ailleurs, à l’origine, la robe comportait 33 boutons pour symboliser l’âge du Christ à sa mort…

Il reste d’ailleurs à la robe de l’Avocat un rabat blanc, porté sous le cou, rappelant le col romain, blanc lui aussi, des prêtres

Initialement, les Avocats portaient un chaperon, sorte de capuche ornée de fourrures, doté de 2 extrémités, l’une large qui enveloppait le visage et l’autre, plus fine et plus logue qui permettait la fixation. Cet accoutrement s’est (heureusement) transformé pour devenir ce qu’on appelle l’épitoge, cet accessoire qui est fixé sur l’épaule gauche. La capuche en elle-même est symbolisée par un cercle, de tissu noir, sur le haut de l’épitoge, tandis que les deux extrémités, l’une étroite et l’autre large, sont portées, au quotidien, dans le dos. En principe, l’extrémité la plus longue est censée être portée sur l’avant lors d’audience solennelle, mais cette coutume se perd.

Si ces deux extrémités sont ornées d’une fourrure (à l’origine d’hermine, aujourd’hui de lapin, voir synthétique), les robes des Avocats parisiens en sont dépourvues (de sorte qu’on les repère facilement lorsqu’ils viennent plaider en province… et qu’ils nous repèrent tout aussi facilement lorsque nous nous rendons dans la capitale).

Cette absence d’hermine serait due à ce qu’on appelle le « deuil de Malesherbes » : Malesherbes, principal Avocat de Louis XVI, ayant été guillotiné pour avoir défendu son client, en solidarité, ses confrères parisiens auraient tranché leur épitoge.

Autre explication donnée : les lois révolutionnaires des 16 aout et 2 septembre 1790 ont interdit aux Avocats de porter leurs robes. Napoléon 1er a réautorisé ce costume. Les Avocats de Paris auraient refusé de porter l’épitoge pour afficher leur indépendance vis-à-vis de l’Empereur.

Exception parisienne notable le Bâtonnier en exercice ainsi que les membres du conseil de l’Ordre sont censés, eux, arborer l’hermine.

Dernière subtilité concernant l’épitoge, les Avocats disposant d’un doctorat en Droit sont autorisés à porter, non pas deux rangs d’hermine, mais trois, même si cette pratique est aujourd’hui désuète et quasiment plus utilisée.

Autre petit secret de la robe d’Avocat, elle possède une traine. A l’origine, la traine était un signe de dignité et de puissance. Lors de cérémonies, ceux qui suivaient un dignitaire portant une traîne étaient en effet contraints de garder leurs distances afin de ne pas marcher dessus.

La traine des avocats a été repliée vers l’intérieur et attachée vers le haut, de sorte qu’on ne la voit pas (ce qui n’empêche pas les avocats montant les escaliers un peu trop rapidement de se prendre parfois les talons dedans, les « accidents de traine » étant monnaie courante). On dit que cette dissimulation de la traine serait un signe de respect et de dévouement à la Justice.… D’autres diront que c’est simplement pour des raisons pratiques, afin d’éviter que tous marchent dessus et la déchire…

La tradition, bien qu’en désuétude, est de déployer cette traine lors de la cérémonie d’enterrement d’un confrère.

En somme il en va de la robe d’Avocat comme de la Justice en générale : elle est bien plus complexe et subtile que le profane ne le pense au premier abord

Fichier joint : interieur-de-la-robe.png

Publié le 15/07/2020

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